mercredi 26 octobre 2011

Des questions sur la dégradation de l'environnement

J'ai été approchée par une étudiante en 5è secondaire au programme international de l'École secondaire Saint-Joseph de St-Hyacinthe qui avait des questions à poser sur l'environnement. Avec sa permission, je vous recopie ici ses questions et mes réponses.

(Questions par Maude Lambert, réponses par Renée-Claude Nadeau)

1. Quel élément est le plus touché (eau, air, terre) ? 
C’est difficile à cerner de façon bien précise puisque tous les éléments sont inter-reliés :  
  • les polluants atmosphériques se mêlent à la pluie qui tombe dans les cours d’eau et sur la terre ; 
  • les polluants dans le sol se mêlent à la nappe phréatique (poches d’eau souterraine) et aux cours d’eau par ruissellement de la pluie, s’évapore par la suite et crée de la pollution atmosphérique.
2. Qui sont les plus touchés par la détérioration de l'environnement (humain, animaux, végétaux,...) et pourquoi ?
Nous sommes tous touchés par la détérioration de l’environnement. On n’a qu’à observer la chaine alimentaire par exemple. Animaux comme humains consommons des végétaux qui ont poussé en présence de polluants.

Ceux qui consomment de la viande absorbent non seulement les polluants absorbés par ces animaux mais aussi par les végétaux que ces derniers ont mangés.

Plusieurs espèces végétales et animales disparaissent chaque année. La pollution n’est peut-être pas la seule fautive, mais la principale, j’en suis persuadée, directement (polluants) ou indirectement (réchauffement de la planète résultant de l’amincissement de la couche d’ozone).

Même lorsque nous consommons des aliments de culture biologique, ils ne peuvent pas être complètement à l’abri de polluants étant donné la pollution présente dans l’air et de la pluie.
 3.       Quels sont les plus gros pollueurs (voitures, usine, ...) et pourquoi ?
Le plus gros pollueur est… l’être humain !

Chaque « geste » a son impact, et le moindre geste, quand il est multiplié par des milliers, des millions, des milliards de personnes qui le posent, peut devenir aussi (sinon plus) polluant que la pire des usines.

Le transport des personnes, mais aussi des denrées, est un des polluants les plus préoccupants, à mon avis. Avions, trains, bateaux, camions, voitures, fonctionnent pour la plupart à partir de carburant, libérant une quantité importante de gaz carbonique et autres polluants dans l’air.

D’où l’importance, d’après moi, de revenir vers la production et l’achat de biens de consommation produits localement.

Moins connus, pourtant de plus en plus présents de par la popularité des ordinateurs et autres gadgets électroniques,  les « cyberdéchets » sont aussi très inquiétants car peu de gens s’en départissent de façon sécuritaire. Or, les « vieux » (souvent pas si vieux !) ordis et autres appareils électroniques (téléphones sans fil, lecteur MP3, télécommandes, etc.) contiennent des matières toxiques (plomb, cadmium, béryllium, arsenic, mercure, etc.) qui se retrouvent dans la terre puis la nappe phréatique s’ils sont envoyés au dépotoir.
4.       Qu'est qui est le plus alarmant dans la dégradation de l'environnement ?
L’attitude des humains, qui ne prennent pas au sérieux l’impact de chacun de leurs gestes…

Les gens en général semblent se sentir si peu concernés, comme s’ils étaient persuadés qu’ils ne pouvaient rien faire. Ou encore ils ne se sentent pas responsables, individuellement, du sort de la planète. Ou disent qu’ils en font assez, alors qu’ils ne font que du recyclage.

Comme écolo, c’est quelque peu décourageant !

La manie des humains de remplacer le vert par du béton et de l’asphalte… Il me semble qu’il y aurait moyen d’inclure la nature dans nos constructions urbaines.
 5. Que faut-il mettre en évidence pour faire réagir les gens ?
Ce n’est tellement pas évident ! Le ton souvent alarmiste des écologistes les fait passer pour des extrémistes qui paniquent pour rien, et pourtant, il y a effectivement lieu de s’alarmer.

Il faut informer, sensibiliser, éduquer. Encore faut-il que les interlocuteurs démontrent un minimum d’ouverture, soient prêts à recevoir cette information.
Personnellement, je crois qu’il faut insister sur le « local », car je trouve absurde que l’on importe (à grands coups de CO2)  des produits que l’on produit ici. Ce n’est pas juste une question de pollution mais aussi d’économie locale et sociale : chacun mérite un salaire décent pour son travail.
En effet, la raison pour laquelle les supermarchés achètent d’ailleurs est souvent que le producteur « étranger » offre son produit meilleur marché que le producteur local. Cette façon de fonctionner encourage entre autre la monoculture, qui est très dommageable pour l’environnement. Et qui dit meilleur marché dit « employés avec des conditions déplorables ». Je suis de plus en plus convaincue des vertus du commerce équitable.
6.       Qu'est que la majorité des personnes ne savent pas (des informations moins connues pas le public) ?
L’information est disponible pour qui s’y intéresse. Malheureusement, la majorité des gens n’est pas prête à la recevoir. Les gens ne se questionnent tout simplement pas avant d’acheter, de se déplacer, etc.
 7.       Est-ce que vous avez des phrases chocs ou des titres de livres qui en contiennent et qui pourraient être intégrées à mon produit ?
Sur mon blogue écolo (que je n’alimente pas aussi souvent que je voudrais), mon slogan est « parce qu’il faut agir. Maintenant ! »

J’ai choisi cette phrase car chaque geste quotidien compte. Et qu’il ne faut pas attendre à demain pour agir et augmenter nos gestes à portée environnementale.

J’ai commencé en ne faisant que du recyclage et en faisant attention pour ne pas gaspiller l’eau. Aujourd’hui, je fais tous les gestes cités dans la colonne de droite sur mon blogue. Et même plus !

Autre élément qui pourrait t’être utile : j’ai  mis également dans la colonne de droite une liste de blogues et de sites « verts ».
 8. Avez-vous des statistiques pertinentes sur l'état de l'environnement ?

J’ai aussi trouvé ceci sur le site d’Équiterre à propos des véhicules au Québec : http://equiterre.org/sites/fichiers/NormesTeneurCarboneCarburants-2009.pdf. À la p. 25, un tableau comparant la valeur en carbone du  « puits aux roues ».
 9.       Y a-t-il d'autres informations pertinentes à mon projet que vous pourriez me transmettre ?
 Tellement ! :0)
Entre autres : la qualité de l’air, c’est important. Avec les années j’ai développé de l’asthme et je sais que c’est très lié à la présence de pollution. Il y a des villes dans le monde que je ne pourrais visiter car trop polluées. Voici un lien pour les villes les plus polluées : http://www.planet.fr/print/les-villes-plus-polluees-du-monde.18797.html
La qualité de l’eau aussi est préoccupante : http://video.fr.ca.msn.com/watch/video/le-riachuelo-un-des-cours-deau-les-plus-pollues-de-la-planete/16c9vqfms. Il serait facile de penser que c’est la faute des gouvernements locaux, mais je crois que comme consommateur le fait d’acheter nos fournitures qui ont été fabriquées là-bas (ou tout autre pays en développement), alors qu’ils n’ont pas les installations sanitaires adéquates, n’est pas très responsable non plus…
Je pourrais écrire encore longtemps longtemps… :0)
J’espère t’avoir donné quelques pistes de réflexion !
Et vous chers lecteurs... ai-je alimenté votre réflexion ? Auriez-vous des choses à ajouter pour Maude ?